Le clitoris de l’enfer

Note : Cet article est à la culture ce que Nabilla est à la classe. Originalement posté sur Philoménal Phénomène (donc a priori inconnu de mon lectorat actuel), il parle avant tout d’un terrible traumatisme datant de l’époque où les maisons d’éditions m’envoyaient n’importe quoi, et où je pensais qu’un livre avec marqué « Sherlock Holmes » sur la couverture ne pouvait qu’être bon. Jusqu’à ce que je découvre la secte des finlandais anonymes qui ont pondu les histoires les plus absurdes (au mieux) jamais écrites sur le sujet (fanfictions où John Watson tombe enceint comprises). C’est ce jour-là où j’ai décidé que parfois on pouvait donner son avis sur un livre sans l’avoir lu jusqu’au bout. Principalement si sa lecture complète induit l’internement à perpétuité de la chroniqueuse pour craquage nerveux.

Ceci est le récit d’un combat à mort entre une nouvelle nommée le Clitoris de feu, mettant en scène le pauvre Sherlock Holmes qui n’en avait pas demandé tant, et l’intégrité journalistique de votre humble servante (qui, au mépris de tout danger, est allée au bout de cette nouvelle, et a eu bien le temps de le regretter depuis).
La chroniqueuse n’étant pas en état de nous témoigner de sa douloureuse expérience (on me glisse dans l’oreillette qu’elle serait actuellement prostrée dans son lit, sanglotant sur les bienfaits de l’autodafé), nous nous baserons sur les retranscriptions de ses archives msn (je vous l’avais bien dit que cet article datait) pour essayer de comprendre comment est sombrée celle qui a su se sacrifier pour la littérature.
Âmes sensibles s’abstenir.
« Avant d’aller plus loin * […] je dois prévenir […] que je me refuse […] à implorer [le pardon des lecteurs] pour les descriptions sans ambiguïtés qui doivent accompagner un tel récit. »
Et merde.
« [je vis] Holmes […] s’employer avec vigueur à faire atteindre à cette jeune femme le summum de l’excitation. »
Aaaargh Glrbrlr*
« Oui encore […] Que je meure ! ohhhhh. Je vais mourir. »
Mais oui bordel, tuez-la, qu’on en finisse.
« Je craignis le pire pour les pieds de la table car à ce moment son postérieur [rebondissait] avec fracas sur le plateau de celle-ci. »
Je pense que la censure a très exactement été inventée pour ce genre de cas, en fait.
« Il nota les résultats dans son carnet, d’une main encore luisante de la généreuse lubrification procurée par la dame. »
Au secours. Mes yeux, je… argh.
 
« Une petite flaque de la rosée d’amour »
*Rire nerveux*
Poète de mes-deux.
« Votre ami Holmes possède une redoutable technique pour amener une femme à faire ce qu’il veut, une fois qu’il a glissé un doigt ou deux dans sa craquette. »

Et dire que Conan Doyle n’en fit jamais mention au cours de ses quatre romans, quelques pièces de théâtres et nombreuses nouvelles ! Oh là là, c’est vraiment à n’y rien comprendre !
 
« C’est la vie même d’une de mes clientes qui dépend des connaissances que je m’emploie à acquérir. »
Qui eût cru que Sherlock Holmes faisait partie de la race des dragueurs baratineurs ?
« J’eus un choc en constatant qu’après cet épisode mon propre membre présentait une turgescence extrême. »
Bouhouhouhouh.
 
« Je gagnai les toilettes pour soulager une érection presque douloureuse. »
Ah ouais donc quand t’as dit que tu décrirais tout, c’était vraiment TOUT.
Oh mon dieu.
Oh mon dieu.
Il va faire jouir sa cliente dans une salle d’audience.
Devant Lestrade le juge et tout.
Sherlock Holmes ??? Sérieusement ??? Imposteur !
« Jusqu’à ce que mes mamelons proéminents se durcissent. »
Hé meuf, tu es à une audience du juge, on t’a pas demandé d’écrire un porno.
Putain, et en plus cette histoire n’est même pas crédible.
« Je savais qu’il la ramonait de bon cœur à présent. »
fgjkweklvldhvbljbveknvlevnleb **
« Il a inséré fermement un doigt dans mon minou déjà ruisselant. »
Sinon je rappelle juste que nous sommes toujours dans la salle d’audience. Mais ça va hein, tout est absolument normal.
« Ma propre main ne chômait pas. »
 Vous me décevez beaucoup monsieur John Watson !
Tiens, une lesbienne.
En même temps, que serait un récit érotique sans lesbienne, on se le demande.
« La semence brulante jaillie de mon membre turgescent s’écoulait le long de ma jambe, et le choc que produisit en moi cette jouissance me ramena brutalement au drame qui se déroulait dans la salle d’audience. »
Tant professionnalisme ça m’émeut.
Arrête avec le terme rosée d’amour.
Vraiment, arrête.
« Il me semble que vous me devez une autre démonstration de votre remarquable tour de main. »
Crac ***
Sherlock Holmes est gay non de dieu, GAY,  alors arrêtez de le faire tripoter des bonnes femmes ou je ne réponds plus de rien !
 
(et justement, le problème est là. Alors que notre chroniqueuse tentait bravement de retrouver foi en l’humanité, elle s’abandonna en toute confiance à la lecture ennuyeuse de la nouvelle suivante. 
Où elle appris que John Watson était impuissant depuis trois ans et fournissait la drogue du violeur à Sherlock Holmes pour qu’il puisse se taper ses groupies.
Autodafé, donc.)
 
* Bruit délicat du repas de midi tentant de fuir face à toute cette débauche
** Conséquence directe de l’abattement violent de la tête de la chroniqueuse sur le clavier de son ordinateur
*** Bruit des nerfs de la chroniqueuse se brisant en mille morceaux hélas non récupérables par la médecine moderne.
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2 réflexions sur “Le clitoris de l’enfer

  1. Ca fait peur. Je pense que cette citation convient très bien à la situation : « On récompense des écrivains parfois pour leur oeuvre. Pourquoi n’en punit-on jamais ? »

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